Aujourd'hui, la recherche de vie extraterrestre n'est plus considérée comme saugrenue. Elle est même devenue une science à part entière, au point que l'Union astronomique internationale a créé une
51e commission consacrée à ce sujet. Cette science, appelée l'exobiologie, n'en est toutefois qu'à ses balbutiements, puisqu'elle vise pour le moment à repérer des planètes de la taille de la Terre
sur lesquelles régneraient des conditions propices à l'émergence de la vie. Mais les instruments dont disposent actuellement les astronomes ne permettent pas de détecter les planètes moins massives
qu'Uranus, qui est 14 fois plus massive que la Terre. Pour le moment, ils permettent notamment de déceler les oscillations induites par l'attraction de Jupiter, la planète la plus massive du
système solaire, qui provoque une oscillation de notre étoile d'environ 10 mètres par seconde, précise le chercheur, qui a passé 18 000 heures de sa vie derrière un télescope. La Terre, quant à
elle, induit une oscillation de 10 centimètres par seconde qu'on est encore loin de percevoir.

L'astronome considère aussi l'utilisation des radiotélescopes mis à l'écoute des possibles messages en provenance d'autres civilisations comme une méthode tout à fait valable pour rechercher des
signes de vie dans l'Univers . «Mais le problème est qu'il est
difficile de savoir dans quelle bande de fréquences chercher un signal artificiel, compte tenu que tous les corps célestes émettent un rayonnement électromagnétique et la plupart à des longueurs
d'onde différentes», dit-il.
Au 1er janvier 2009, les astronomes avaient identifié 334 planètes tournant autour d'autres étoiles dans un peu plus de 280 systèmes solaires. «Parmi ces 334 planètes, une bonne vingtaine sont à
une distance telle de leur étoile mère que la température à leur surface est favorable à la présence d'eau liquide et de matière vivante. La prochaine étape consistera à essayer de détecter s'il y
a une atmosphère, de l'eau et une méthanogénèse qui pourraient indiquer des traces d'une activité biologique», indique le chercheur en cosmologie à l'Observatoire de Paris-Meudon, qui prédit que
les futurs instruments au sol -- tels que celui qu'il construit en collaboration avec l'Université de Montréal et qui sera monté sur le télescope NTT (New Technology Telescope) du Chili -- et dans
l'espace, ainsi que les futures missions spatiales comme Darwin, devraient permettre de détecter des milliers de planètes de la taille de la Terre sur lesquelles on peut espérer trouver des traces
de vie.
Émergence de la vie
«Arriver à la vie n'est pas un processus très original puisque le vivant est composé d'éléments qu'on trouve en grande quantité dans l'Univers», lance le chercheur. En effet, l'hydrogène représente
plus de 98 % de la matière dans l'Univers. L'oxygène est l'élément le plus abondant dans l'Univers après l'hydrogène et l'hélium. Puis vient le carbone, qui constitue 1 % de l'Univers. Or la chimie
du vivant,
la chimie organique, est la synthèse de ces
éléments. Le vivant est constitué de carbone et d'oxygène dans des assemblages savants. Et l'eau, qui est essentielle pour que le vivant puisse apparaître, est formée d'oxygène et d'hydrogène. La
formation de la vie est donc possible partout dans l'Univers, fait-il remarquer.
Il pourrait même y avoir des formes de vie plus évoluées que la nôtre, affirme sans hésitation le scientifique. «Mais il y aura sûrement une constante. On a imaginé du vivant très différent de
notre structure. Or, s'il y a du vivant ailleurs, il utilisera les mêmes combinaisons d'éléments. L'atome de carbone peut se polymériser facilement et former près de 130 molécules différentes,
allant des alcools aux acides, en passant par les sucres (riboses), qui serviront à la synthèse de l'ADN et qu'on retrouve dans les nuages moléculaires entre les étoiles. Il y a une synthèse
moléculaire qui se fait dans l'espace malgré la sévérité des conditions intersidérales. Et si, sur certaines planètes, les conditions deviennent davantage propices, cela favorisera le développement
de la vie.»
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