La conquête de l’espace se poursuit et sera liée à la Lune et aux bases lunaires habitées. C’est l’opinion de Guennadi Raïkounov, directeur de l’un des meilleurs
instituts de recherche du Roskosmos, agence spatiale russe. Selon lui, le potentiel de la Station spatiale internationale est en principe épuisé et il faut donc « regarder de l’avant ».
Le satellite de la Terre a des espaces illimités. Il y a de la place pour installer un détecteur radar et autres appareils de recherche scientifique de taille
très importante. Quant aux bases lunaires, elles permettront de se faire une idée de séjour sur une autre planète. La glace lunaire peut être fondue et devenir une source de l’hydrogène qui
peut être utilisé comme carburant pour les fusées, estime le chercheur.
Ce n’est pourtant pas l’avis de tous les experts. Quitter l’orbite de la Terre pour aller sur la Lune va rejeter la Russie vers les missions Apollo d’il y a
quarante ans, explique le membre correspondant de l’Académie de la cosmonautique de Russie, Iouri Karach.
« Il ne faut pas se tromper et tromper les autres en disant que les bases lunaires supposent la création des appareils dont le principe est totalement différent
de ceux des missions Apollo. A propos, Apollo 17 a passé trois jours sur la Lune. Trois jours, cela vous fait déjà une base. Les cosmonautes russes peuvent y passer dix ou vingt jours mais on
sera plus dans la quantité que dans la qualité ».
Les Etats-Unis avaient d’ailleurs l’intention de revenir sur la Lune mais l’administration Obama ne le veut pas. Selon le président américain, la priorité est se
rendre à un astéroïde vers les milieux des années 2020. Pourquoi un astéroïde ? La réponse de John Charles de la NASA :
« Pour certaines raisons nous avons décidé de ne pas revenir sur la Lune. Sans la Lune et avant le vol vers Mars aller sur un astéroïde est un projet de recherche
le plus optimal. Si aujourd’hui on va sur la Lune, ce sera un peu le retour vers 1969 ».
Une mission vers un astéroïde est pourtant aussi dangereuse que le vol sur Mars. C’est que pendant plusieurs mois passés dans l’espace l’équipe aura la même dose
de radiation, explique le directeur de l’Institut des études spatiales, Lev Zeleniy.
« Sur la Lune on peut creuser un abri à un mètre et demi ou à deux mètres de profondeur, où les cosmonautes pourront vivre en sortant parfois sur la surface. Ils
vont ainsi être protégés. Mais comment se protéger contre la radiation sur l’astéroïde ? »
Les Russes et les Américains ont fait leur choix. Il leur faut maintenant chercher des arguments convaincants. Mais à un moment donné tous les débats seront clos
parce qu’au bout de compte l’objectif est le même : aller sur Mars.