Une équipe d’exobiologistes a simulé sur ordinateur un type de membrane cellulaire qui permettrait le développement d'une forme de vie dans les lacs de Titan malgré les températures très basses. L'étude n'est qu'une pure spéculation de biologie théorique mais elle ouvre tout de même de nouvelles perspectives pour chercher de la vie ailleurs que sur Terre.
Une équipe d’ingénieurs chimistes et d’astronomes de l’université de Cornell aux États-Unis vient de publier un article dans Science Advances.
Les trois chercheurs essaient en effet d’imaginer, simulations de dynamique moléculaire à l’appui, comment une forme de vie pourrait émerger dans les lacs d’hydrocarbures deTitan. Nous savons que ces lacs existent depuis le succès de la mission Cassini-Huygens et cela fait bien longtemps que les cosmochimistes et les exobiologistes s’interrogent sur la chimie de Titan qui pourrait refléter celle de la Terre primitive au moment où la vie y est née.
L’ADN et l’ARN sont bien sûr des éléments essentiels des formes de vie sur Terre, mais il en existe un autre : la membrane plasmique. Elle est constituée d’une double couche de lipides qui séparent lecytoplasme du milieu extérieur. Jonathan Lunine, un astronome et exobiologiste bien connu membre de la mission Cassini, s’est donc demandé avec le doctorant James Stevenson et Paulette Clancy, une chimiste, si un analogue de la membrane plasmique pourrait se former dans du méthane liquide et avoir des propriétés similaires. Ils en sont arrivés à modéliser sur ordinateur, à l’aide notamment des lois de lamécanique quantique, le comportement de telles membranes qui seraient constituées de moléculesorganiques azotées. Rappelons que l’atmosphère de Titan est composée à plus de 95 % d’azote avec quelques pour cent de méthane et des traces de gaz carbonique et autres hydrocarbures.
Ces membranes cellulaires extraterrestres, les trois chercheurs les ont baptisées des azotosomes.
De façon surprenante, les simulations de dynamique moléculaireont révélé que les azotosomes dans le méthane liquide à très basse température devaient avoir la même stabilité et la même flexibilité que des liposomes sur Terre.