Le Rover américain Curiosity a mesuré récemment des émanations régulières de méthane sur Mars. Une véritable surprise pour les scientifiques, qui pourrait "signaler la présence du vie microbienne passée ou actuelle". Mais la prudence reste de mise. Explications.
C'est une surprise totale, de l'aveu même de certains scientifiques.
Il s'agit d'émanation constante de méthane provenant de la décomposition de la poussière du sol sous l'effet de la lumière du soleil et des matériaux organiques transportés par les météorites.
Mais ils ont aussi découvert que les niveaux de méthane dans le cratère près de l'endroit où se trouvait Curiosity "connaissait des pics dix fois plus élevés parfois en l'espace de seulement 60 jours martiens ce qui est surprenant étant donné que ce gaz a une durée de vie d'environ 300 ans", expliquent les auteurs de cette recherche dont Christ Webster, du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa.
"Ces résultats suggèrent que le méthane est produit occasionnellement ou s'échappe du sol près du cratère de Gale et qu'il se disperse rapidement une fois que ces sources se tarissent", poursuivent ces chercheurs.
C'est ce qu'ont indiqué ce mardi des scientifiques de la mission, sans avoir pu déterminer l'origine de ce gaz qui, sur notre planète Terre, provient à 95% de micro-organismes.
"Ces résultats suggèrent que le méthane est produit occasionnellement ou s'échappe du sol près du cratère de Gale et qu'il se disperse rapidement une fois que ces sources se tarissent", poursuivent ces chercheurs.
"Nous pouvons désormais dire qu'il y a du méthane par moment dans l'atmosphère de Mars et que des molécules organiques sont conservées dans des roches martiennes anciennes à certains endroits", a dit lors d'une conférence de presse John Grotzinger
Mais tous ces scientifiques se sont montrés très prudents quant aux conclusions à tirer de ces observations. "Nous ne sommes vraiment pas en mesure de dire si ce méthane est d'origine biologique ou géologique", a ainsi insisté devant la presse, Sushil Atreya, un scientifique de l'Université du Michigan, membre de la mission Curiosity soulignant la faiblesse des teneurs de méthane détectées.
"Si un jour nous trouvons d'importantes quantités de méthane de l'ordre de dizaines de parties par milliard nous serons alors capables de mesurer les isotopes du gaz pour en déterminer l'origine mais pour cela il nous faut un signal beaucoup plus fort", a-t-il expliqué.