Uranus et Neptune sont les planètes les plus lointaines du Système Solaire. Elles possèdent chacune une masse d'environ quinze fois celle de la Terre, sont composées jusqu'à 90% de glace et sont riches en carbone.
Une équipe de chercheurs franco-américains, pilotée par l’institut UTINAM (CNRS/Université de Franche-Comté), vient de proposer une solution au problème de la composition chimique d’Uranus et Neptune, fournissant ainsi des pistes pour comprendre leur formation.
Les résultats montrent que Uranus et Neptune se seraient formées au niveau de la ligne de glace du monoxyde de carbone (CO), ce qui expliquerait qu’elles soient constituées de solides riches en carbone mais appauvris en azote. L'accrétion des quantités importantes de CO avec une quantité faible de H2O cométaire donne la valeur D/H mesuré dans l'atmosphère de ces planètes. De plus, comme la ligne de glace de l'azote se trouve légèrement plus loin, les planètes se sont alors naturellement formées appauvries en azote. Le modèle proposé fourni des abondances en carbone et en azote compatibles avec les observations, et permet d’établir que la formation d’Uranus et de Neptune s’est faite dans cette zone lointaine.
Source(s):
The measured compositions of Uranus and Neptune from their formation on the CO iceline, Mohamad Ali-Dib, Olivier Mousis, Jean-Marc Petit et Jonathan I. Lunine, The Astrophysical Journal, sept. 14
http://www.insu.cnrs.fr/node/5011